dimanche 19 mars 2017

Le Manoir T1 – Liam et la carte d’éternité



 
Auteur : Évelyne BRISOU-PELLEN
 
Prix : 16E
 
Edition : Bayard Jeunesse  

Résumé

Après une grave maladie, Liam, 15 ans, est envoyé en convalescence dans un manoir isolé. Cette maison de repos, où il n’y a ni téléphone ni électricité, semble aussi abriter une section psychiatrique. En effet, l’un des pensionnaires se prend pour Léonidas, roi de Sparte ; un autre pour un pirate ; une jeune fille s’habille comme au Moyen Âge et une autre comme au XIXe siècle. Enfin, Liam apprend que des malades dangereux sont enfermés dans une pièce secrète de la maison. Il cherche à s’enfuir du Manoir, sans succès. Il renonce finalement à ce projet, d’autant qu’il a sympathisé avec Cléa, une jeune fille de son âge, qui semble profondément triste, mais saine d’esprit. Peu à peu, Liam va comprendre que tous ces pensionnaires sont morts, qu’ils sont des fantômes. Chacun doit régler un problème avant de pouvoir partir dans l’au-delà. Un jour, Liam découvre dans le bureau du directeur du Manoir une “carte d’éternité”. Sur cet écran géant, on voit en temps réel ce qui se passe dans le monde des vivants. Liam est le seul à pouvoir remonter le temps en agissant sur cette carte. Il va ainsi aider plusieurs pensionnaires à résoudre le problème qui les retient au Manoir…

 

Mon avis

Bien que je connaisse le nom et la couverture du roman, j’avoues que je ne m’y étais jamais intéressée mais, grâce à l’organisation de La nuit de la Lecture dans un café où je bosse, j’ai dû me plonger dedans. Je ne m’attendais à rien de particulier, aussi, j’ai été très agréablement séduite par le cadre et son personnage sans que rien de bien extraordinaire ne bouleverse le roman.

Liam a 13 ans et a survécu à un cancer, pour se reposer de cette épreuve, il va dans un manoir isolé en pleine campagne. Tenu par un professeur des plus énigmatiques, Liam découvre des pensionnaires bien plus perturbés que lui. Le voilà qui doit se rétablir dans un asile de fous, en déduit-il. Mais, avec l’arrivée de la jolie Cléa, il passe outre leurs fantaisies. Jusqu’au jour où Liam doit faire face à ces éléments plus qu’étranges que le professeur cache…

J’ai immédiatement accroché avec le récit car le héros a un ton moqueur qui transforme son récit. Plutôt que de se plaindre, il cherche à comprendre, se dispute avec Léonidas et drague la nouvelle pensionnaire. L’ambiance fantastique du Manoir apparaît petit à petit et permet ainsi d’introduire deux types de récits : un léger et un plus occulte. On hésite sans cesse entre le rêve et la réalité avec ce héros caustique. Cela aurait été parfait si le roman n’était pas aussi prévisible, on comprend très vite de quoi il en retourne et on s’énerve devant le déni du protagoniste. Cela dit, on passe vite sur ces longueurs pour avancer dans notre lecture. Il faut dire que les personnages secondaires sont particulièrement bien réussis et leur grain de folie nous fait oublier notre exaspération envers le narrateur. Une lecture certes jeunesse mais très divertissante !

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Ambiance : hésitation entre rêve et réalité dans un manoir plus qu’étrange
-          Les personnages : un héros caustique et des acolytes perturbants
-          Des flashback hors contexte qui changent agréablement avec le temps du récit
-          Des longueurs
-          Une fin vue par le lecteur trop longtemps avant la fin

 

Extrait

« Le jour se levait sur les Thermopyles, Xersès était dans son campement, en tenue de cérémonie, sans doute en train de supplier les dieux de lui accorder la victoire. Coutume bien étrange, car pratiquée par tous les peuples, et qui devait compliquer sérieusement la vie des dieux qu'on priait dans les deux camps. »

***

« Génial ! L’idée d’une société composée uniquement de guerriers et d’esclaves faisait vraiment rêver… Retour à la préhistoire, où celui qui ne savait pas se battre risquait sa peau à chaque coin de rue – enfin, de bois – s’il tombait sur un tigre à dents de sabre ou un mammouth énervé. Le genre de civilisation du muscle qui avait mis des centaines de milliers d’années à découvrir le feu parce qu’il n’y avait pas de place pour les penseurs. »