mercredi 16 août 2017

Le silence des sirènes



 Couverture du livre : Le silence des sirènes
Auteur : Sarah OCKLER  
 
Prix : 17E
 
Edition : Nathan

Résumé

Elyse, promise à une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle devient muette suite à un accident en mer. Du jour au lendemain, Elyse perd ses repères, ses rêves, sa joie de vivre. Elle se réfugie alors chez sa tante, à Atargatis Cove, petite ville portuaire portant le nom d’une sirène légendaire. Là-bas, elle s’isole, passant ses journées à écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Heureusement, elle rencontre bientôt Christian, séduisant bad-boy, et son jeune frère, Sebastian, qui rêve d’être une sirène. Avec eux, elle va décider de sauver la ville, menacée par un projet touristique, et surtout retrouver le goût de la vie.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.

J’ai été immédiatement attirée par ce livre pour son résumé et les références au conte d’Andersen. Bien que ce ne soit pas une réécriture, l’intrigue est menée de façon à ce que l’on soit content que l’auteure ne fasse que s’inspirer du mythe romantique. On retrouve donc avec bonheur les éléments de La Petite Sirène mais on aime le fait que Sarah OCKLER soit capable de s’en détacher.

Elyse avait une voix magnifique avant un accident en mer qui la lui prend. Décidée à rompre avec son anicienne vie, elle quitte sa proche famille pour aller s’installer sur l’île de sa tante. Là-bas, elle y rencontre Christian dont le père a fait un pari : si son fils perd la Régate des Pirates, il vendra au maire les maisons qu’il possède. Y compris celle dans laquelle Elyse. Malgré sa peur de l’eau, elle s’engage alors auprès du sexy Christian pour l’aider à naviguer et à gagner la course.

Malgré les apparences, ce roman est bien plus profond qu’il n’en a l’air du haut de sa romance teenage. Et oui, il va poser les cadres d’un roman initiatique. Elyse va devoir affronter ses peurs, Christian affronter son histoire familiale, Sebastien faire face aux discriminations et aux théories du genre pour les enfants. Tous vont devoir affronter leurs démons et trouver leur voix intérieure. J’ai regretté que l’histoire soit aussi centrée sur le duo amoureux avec seulement quelques apparitions des personnages secondaires. Ces brèves pauses nous offrent un nouvel air nécessaire pour le romantisme ne soit pas trop présent. De plus, j’ai trouvé que le cadre n’était pas assez planté : ça manquait de descriptions maritimes, d’embruns et d’iode. Et la course des Pirates est une très bonne idée ; j’aurais aimé qu’elle soit plus développée avec des anecdotes, par exemple. En fait, c’est dommage que le roman soit autant centré sur l’histoire d’amour.  Les personnages restaient attachants mais j’ai trouvé qu’il leur manquait une étincelle pour que ça marche réellement. Ou alors, c’est moi qui suis trop vieille pour ce genre de lecture très sweety. Cela dit, j’ai trouvé la fin très mignonne et qui sait offrir une jolie morale. Une belle lecture de plage !

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Le roman initiatique qui se cache sous la romance
-          Un duo de personnage un peu trop présent
-          Un cadre qui mériterait d’être plus planté

 

Extrait

« Le silence est un filet qui attrape les secrets et les fait remonter à la surface. »

 

mardi 8 août 2017

Silence Radio



 
Auteur : Alice OSEMAN
 
Prix : 17€
 
Edition : Nathan

Résumé

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J'ai un seul objectif: entrer à Cambridge après le bac.

Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne YouTube Universe City. J'aime rire et j'aime dessiner.

Et puis je rencontré Alex. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.

 

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.

Le résumé et mes attentes ont été en total décalage mais je ne dirais pas je suis déçue. Là où je m’attendais à une romance légère, j’ai découvert un roman sur l’amitié, l’acceptation et la construction de soi. J’ai juste eu beaucoup de mal à accrocher, comme toujours avec les romans initiatiques, cela dit.

Frances est pleine d’ambition pour réussir sa vie et elle s’y consacre avec passion : déléguée aux notes parfaites, rien ne laisse supposer qu’elle est accro à une radio underground la nuit. Et pourtant… Frances est totalement sous le charme de Silence Radio. Jusqu’au jour où elle découvre qu’il s’agit de son voisin et ami Aled. Commence alors pour elle une histoire d’amitié et d’un cheminement pour quitter l’enfance.

Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que je n’apprécie pas particulièrement ce type de lectures. Qui es-tu Alaska ? nous l’a bien démontré. Aussi, je vais avoir du mal à faire des éloges du livre bien qu’objectivement il soit très bon. C’est bien construit et bien écrit, il y a une véritable progression psychologique qui fait plaisir à lire. Mais encore une fois, on se retrouve dans un huis-clos. Alors certes Alice OSEMAN a essayé de ne pas tomber dans le piège en multipliant les personnages mais tout de même. Ça reste très centré sur Aled et Frances. De plus, j’ai trouvé un peu exagéré que les personnages connaissent déjà leur identité sexuelle à 17 ans et qui en parlent librement sans interrogation. Et aucun dans ce petit monde qui est hétéro… C’est un peu gros, à mon goût. Cependant, j’ai beaucoup apprécié la façon dont les problèmes familiaux sont traités : tout est dans la suggestion et dans le dévoilement progressif. Bon j’avoue que la fin est un peu trop mélodramatique pour moi mais le livre reste quand même une jolie ôde à la vie et ça a son charme.

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Parcours initiatique touchant
-          Réflexion sur l’identité sexuelle
-          Des situations irréalistes
-          Des personnages peu attachants

 

Extrait

« J’avais des devoirs à faire. C’était presque toujours le cas. Et en général, je les faisais, parce que j’avais l’impression de perdre mon temps si je ne travaillais pas. Je sais, c’est un peu triste. J’ai toujours voulu avoir un hobby, comme le football, le piano ou le patin à glace. Mais la vérité, c’était que je n’étais bonne qu’à une chose : être la première de la classe. Ça ne me dérangeait pas. Le contraire aurait été pire.

Ce jour-là, pourtant, je n’ai pas fait mes devoirs.

Je me suis affalée sur mon lit, j’ai allumé mon ordinateur portable et j’ai ouvert le Tmblr où je publiais tous mes dessins. Je les ai fait défiler les uns après les autres. Qu’est-ce qu’il pouvait bien leur trouver ? Ils étaient nuls. C’étaient juste des gribouillages qui m’aidaient à m’endormir, à oublier l’histoire, les projets d’arts plastiques et les discours de représentante des élèves pendant 5 minutes.

Je suis retournée sur Twitter pour voir si le Créateur m’avait répondu, mais ce n’était pas le cas. Rien non plus dans ma boite mail.

J’étais fan de Universe City. »

 

mercredi 2 août 2017

Cette étoile ne s’éteindra pas – La vie et les mots d’Esther Grace Earl



 
Auteur : Esther Grace EARL, Lori et Wayne EARL
Préface de John GREEN
 
Prix : 18€
 
Edition : Nathan

Résumé

Sois heureuse. Et si tu ne peux pas être heureuse, fais des choses qui te rendent heureuse. Ou alors ne fais rien, mais avec les gens qui te rendent heureuse.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.

Je me souviens encore de mon coup de cœur (et de mes larmes) à la lecture de Nos Etoiles Contraires. Hazel était devenue réelle sous l’écriture de John GREEN et je me souviendrais toujours de la mélancolie qui m’avait envahie face à l’injustice de la vie qui avait fauché une personne aussi merveilleuse. Je ne savais pas que je n’étais pas au bout de mes peines à la lecture de ce journal de bord car nous quittons la fiction pour rencontrer celle qui a inspiré Hazel.

Plus un documentaire qu’un roman, ce livre en couleur compile les écrits d’Esther mais aussi ceux de ses proches sur la maladie qui touche l’adolescente. Au travers des photos et des textes, nous entrons dans l’intimité d’une famille brisée mais où une jeune-fille se bat héroïquement contre la mort.

J’avoue que je suis divisée quant à ce type de publications. D’un côté je suis contre : je trouve que jouer sur le pathos du public c’est pas hyper respectueux pour celle qui a souffert. Ni se faire de l’argent sur une mort. Ou encore dévoiler toute son intimité. Bref, je trouve cela bien trop appel commercial (et typiquement américain, je l’avoue). Mais d’un autre côté, c’est vrai que c’est un bel hommage que l’on peut rendre à une personne et une façon qu’il ne disparaisse pas. En lisant le journal d’Esther, il faut avoir les tripes (et son moral) bien accrochés parce qu’elle parle sans tabous de sa maladie et de ses angoisses. Honnêtement, je ne le recommande pas aux plus jeunes, il a de quoi choquer. Vous êtes tristes, vous avez envie de pleurer et la lecture est plus éprouvante que dépaysante. La lettre de la fin est bouleversante, par exemple. Tout comme les témoignages des proches qui sont souvent en plus mauvais état que ne l’est Esther. Alors oui, ce livre est sujet à controverses et à larmes. Et même s’il n’est clairement pas à lire un dimanche de pluie, il demeure renversant de sincérité. Et ça c’est beau.

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          La sincérité qui émane de cet ouvrage
-          La mélancolie qui nous saisit à la lecture
-          L’hommage de John GREEN dans sa préface
-          Livre illustré avec des photos réelles
-          Une origine un peu trop commerciale à mon goût

 

Extrait

« N'est-ce pas triste qu'il faille affronter la mort pour apprécier la vie et les autres à leur juste valeur ? »

***

« Si vous aussi vous ressentez des choses, je vous encourage vraiment à les noter, à en parler dans un journal ou sur un blog ou dans une vidéo ou sur un post-it, exprimez vos ressentis, ça aide à savoir où on en est, et même si vous n'arrivez pas à tout définir, parce qu'il en ressent, des trucs, notre fichu cerveau ! »

A savoir

Vous pouvez retrouver mon avis sur les livres de John GREEN en suivant les liens :

-          Nos étoiles contraires : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2014/01/nos-etoiles-contraires.html


-          Qui es-tu Alaska ? : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2014/06/qui-es-tu-alaska.html

 

Et puis, dans la même veine des romans bouleversants :

-          Toutes ces choses qui nous échappent : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2015/03/toutes-ces-choses-qui-nous-echappent.html

mercredi 19 juillet 2017

Initiation au ballet



 
Auteur : Pascale MARET
 
Prix : 10€
 
Edition : Nathan

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.

J’adore les éditions Nathan pour leur pédagogie et leur éveil et quand j’ai vu la sortie de ces livres, je n’ai pas pu résister à les lire. Je connais bien le ballet du Lac des Cygnes (et plus particulièrement la musique) mais c’est vrai que je ne m’étais jamais intéressée au contenu. Et laissez-moi vous dire que je loupais quelque chose ! Dans ce livre de 75 pages, agrémenté de photos du ballet de l’Opéra de Paris, on retrouve le conte romancé.

Le Prince Siegfried est sommé par sa mère de se marier et de choisir une épouse. Alors qu’il se promène la nuit au bord d’un lac, il y rencontre Odette. Victime de la malédiction du sorcier Rothbart, ses comparses et elles se transforment en cygnes la journée. Pour briser le sort, un homme doit lui jurer amour éternel et l’épouser. Mais, au fond du bois, le sorcier veille…

 

En revanche, je ne connaissais absolument pas La Sylphide et j’ai pu découvrir avec bonheur le récit de cette histoire d’amour tragique à la mythologie celtique.

James est amoureux de Effie et ils doivent se marier incessamment sous peu. Mais James ignore qu’il est également aimé d’une autre femme. Une créature qui vit dans la lande sauvage de l’Ecosse. Alors qu’il est sur le point d’épouser Effie, il fait la rencontre d’une sorcière qui le prévient que son mariage va être annulé. Fou furieux, il lui demande de partir et suscite ainsi sa colère…

 

Le plus gros point fort de ces formats de livre est évidemment les photos du ballet qui ponctuent le texte. Toute la magie de l’Opéra de Paris est retransmise et donne envie d’aller en voir un en vrai. Le récit est également très bien fait : un mélange de dialogues et de descriptions tout en étant assez court pour ne pas nous lasser. Le texte explicatif qui ponctue la fin du récit et explique l’histoire du ballet. L’avantage est également que c’est complet tout en étant court. Parfait pour un enfant de 8 ans et pour une initiation en douceur !

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Eveil au ballet avec des photos et un roman léger
-          Des univers variés et féériques
-          Des livres courts
 

 

A savoir

Et si vous aimez l’univers de la musique classique, je vous invite à lire ces livres :


dimanche 16 juillet 2017

20 allée de la Danse T6 – Petit rat malgré tout


Auteur : Elisabeth BARFETY
 
Prix : 10€
 
Edition : Nathan  
Résumé
Rien ne destinait Bilal à la danse. Et pourtant le voici élève de la prestigieuse école de l’Opéra. Mais tout le monde ne voit pas cela d’un très bon œil. Bilal est tourmenté par ses anciens copains : d’après eux, la danse c’est « pour les filles ! ». Seulement Bilal n’ose pas en parler. Ni à ses nouveaux amis, ni à son père qui ne le comprend pas… Le jeune danseur parviendra-t-il à combattre les préjugés ?
Mon avis
Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.
Toujours dans le thème de la danse, je vous présente aujourd’hui la série 20 allée de la danse. Une série en co-production avec l’Opéra de Paris qui suit le quotidien de ses élèves. Chaque tome est centré un personnage, masculin ou féminin et il soulève des problématiques essentielles : peur de l’échec, rivalité, passion artistique, quête de l’excellence, intégration…
Dans ce tome-ci nous faisons la connaissance de Bilal, petit rat à l’Opéra. Bilal est un garçon et il peine à faire reconnaître sa passion que ce soit auprès de ses parents qu’auprès de son entourage. Un garçon qui danse ? Mais c’est pour les filles ! se disent-ils tous. Et pourtant, Bilal est comme les autres garçons et il va devoir combattre les préjugés.
La pédagogie de Nathan est vraiment géniale, à travers une histoire, ils vont faire découvrir au lecteur l’univers de l’Opéra mais pas que. Il va également y avoir les problèmes une fois sorti de l’école de danse : l’incompréhension des parents peu tournés vers la culture, les moqueries des camarades, les angoisses de la performance… Tout ce que peut vivre un jeune garçon talentueux dans un monde considéré comme uniquement féminin. Et au travers de cette histoire, c’est une question sur l’identité sexuelle et le regard de la société qui se pose : pourquoi certains domaines sont-ils catégorisés comme féminins ou masculins ? Est-ce que cette séparation n’est pas à dépasser ? Ces questions sont posées à l’enfant et permettent de former le citoyen de demain : un citoyen plus respectueux et tolérant. Les illustrations et le texte court de 155 pages permettent de faire réfléchir efficacement et de nous mener à une réflexion plus profonde qu’il n’y paraît et c’est tant mieux !
En bref
Apprécié
Non-apprécié
-          Illustrations régulières dans un petit livre
-          Des problématiques sur l’identité sexuelle et le regard de la société 
-          Pédagogie du livre pour éduquer un citoyen plus responsable
 
 
Extrait
« Sur la pointe des pieds, il s’approche de la porte. Il entend plus clairement la discussion. Ou plutôt la dispute….
-          Au moins, il est sérieux, il ne traîne pas dans les rues comme les autres gamins, dit sa mère d’une voix indignée.
-          On ne va pas lui donner une médaille parce qu’il n’est pas délinquant ! réplique son père. Tu ne lui rends pas service en le couvant comme ça. C’est trop exiger qu’il dîne avec nous ? Quand il aura un vrai travail, son patron ne lui demandera pas s’il est trop fatigué pour bosser !
-          Peut-être qu’il pourra en faire son métier de la danse ? suggère sa mère. C’est à ça qu’elle sert, son école…
-          Mais bien sûr, rétorque son père sarcastique. Tu en connais, des danseurs, toi ? Et des danseurs arabes en plus ! Il y en a, à son Opéra ? Jamais mon père ne m’aurait laissé faire une chose pareille ! »
 
A savoir
Et si vous aimez l’univers de la musique classique, je vous invite à lire ces livres :
 

mardi 11 juillet 2017

La Passe-Miroir T3 – La mémoire de Babel



 
Auteur : Christelle DABOS
 
Prix : 18€
 
Edition : Gallimard Jeunesse  

Résumé

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Gallimard Jeunesse pour ce service de presse.

Cette série avait été un total coup de cœur pour le T1 mais je me rends compte que plus j’avance dans les tomes, moins j’adhère à cet univers. Il y a un peu trop de loufoque là-dedans à mon goût. Le nouveau décor de Christelle DABOS est plein d’inventivité mais il manque le charme du nord auquel elle nous a habitué dans le T1.

Cela fait presque 3 ans qu’Ophélie est sans nouvelles de Thorn ; surveillée par les complices de Dieu et désespérée de revoir un jour le Pôle et ses amis mais aussi son époux. Pourtant elle n’est pas seule, Archibald n’a pas renoncé à utiliser son nouveau pouvoir et permet à Ophélie de s’échapper pour qu’elle retrouve Thorn. Avec les connaissances qu’elle a pu tirer de la lecture du livre de Farouk, voilà Ophélie lancée dans la cité cosmopolite de Babel à la recherche de son mari, de la vérité sur Dieu tout en enquêtant sur les meurtres camouflés qui ont lieu.

Dans ce tome 3, Ophélie quitte le nord et la chaleur de son arche natale pour aller sur Babel, la cité parfaite selon les directives de Dieu. Là-bas, il y règne un ordre militaire avec une hiérarchie complexe fondée sur l’honnêteté et la crainte. L’influence de la dystopie se fait fortement sentir dans cet univers mécanisé. Et pour s’intégrer dans les rouages parfaitement rodés de la cité, Ophélie n’a pas d’autres choix que de devenir apprentie et d’aider les dirigeants dans leur quête de savoir. Entre les bizutages et l’ordre imposé, elle en vient à penser que le Pôle était une partie de plaisir. Mais DABOS a mis en place un système pour que nous ayons malgré tout accès à notre arche préférée au travers le regard de Victoire, la fille de Farouk. Je dois avouer que ces personnages nous manquent terriblement : Bérénilde, Rosaline, Archibald, Farouk… Et qu’ils manquent au livre car ils n’ont pas d’équivalents aussi charismatiques. Nous guettons les passages du Pôle avec avidité, de même que les tête-à-tête entre Thorn et Ophélie. Son personnage a bien grandi et a su s’affirmer autant dans son couple que dans la vie ce qui la rend plus indépendante pour notre plus grand plaisir. Je vais devoir émettre un autre regret survenu à la lecture de ce T3 : c’est l’effacement du charisme des personnages. Thorn est bien moins mystérieux ou séduisant qu’il ne l’était dans le T1, Bérénilde a perdu toute sa verve et Rosaline tout son humour. Je trouve que l’auteure s’est un peu trop concentrée sur Ophélie et son évolution ce qui fait que les autres personnages sont différents. Enfin mon plus grand regret concerne la fin du livre : nous voyons le dénouement se dessiner et le deus ex machina que DABOS nous livre ressemble bien trop à celui du T2.  Pour autant, je ne peux pas être totalement négative avec cette série que j’adore : il est vrai qu’elle commence à devenir trop longue et que ce dernier tome est un coup de mou mais ça doit être pour préparer l’apothéose qu’annonce le T4.


En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Retrouver l’univers
-          L’affirmation du caractère d’Ophélie
-          L’univers loufoque de Babel
-          Des personnages un peu trop effacés
-          Le deus ex machina de la fin
-          Le dénouement que l’on devine bien trop tôt

 

Extrait

« - J'ai passé ma vie entière à être neutre, éducation oblige, et, s'il y a bien une leçon que j'ai retenue, c'est que "neutralité" est une jolie façon de dire "lâcheté". Arrive un moment où il faut choisir son camp et, en ce qui me concerne, je refuse d'appartenir plus longtemps à celui des marionnettes. »

***

« C'est une longue histoire, dit-il en fouillant les poches trouées de sa pèlerine. Figurez-vous que je me suis découvert de nouvelles possibilités, de nouvelles ambitions et de nouvelles amours !

[...]

Mesdames, vous avez sous les yeux mes nouvelles possibilités et mes nouvelles ambitions, déclara Archibald avec un geste possessif pour la salle entière. Quant à mes nouvelles amours, les voici ! (Il souleva la fillette du comptoir et se mit à la brandir comme un trophée.) Ma petite Victoire, permettez-moi de vous présenter votre marraine et la marraine de votre marraine. »

 

A savoir

Vous pouvez retrouver mes avis sur les tomes précédents ici :