dimanche 18 septembre 2016

Tobie Lolness T1 – La vie suspendue

 
Couverture de Tobie Lolness, Tome 1 : La vie suspendue
Auteur : Timothée de FOMBELLE
 
Prix : 16E
 
Edition : Gallimard jeunesse
Résumé
Tobie n'est pas un garçon comme les autres. Agé de 13 ans, portant une cicatrice horizontale sur la joue, il est le fils d'un grand homme, d'un merveilleux savant. Il vit dans un arbre et ne mesure pas plus d'un millimètre et demi.
Il est exilé avec sa famille pendant cinq ans dans les basses branches parce que son père n'a pas voulu révéler le secret d'une invention révolutionnaire. Jusqu'au jour où ses parents sont emprisonnés. Tobie est alors pourchassé par son propre peuple, obligé de se cacher et de vivre la nuit "comme ces animaux nocturnes, anonymes, invisibles".
 
Mon avis
Cette série étant revenue à la mode, j’ai décidé de voir les raisons de ce succès. La ressemblance avec les Minimoys a été décisive, je le reconnais. On retrouve le charme des débuts des récits jeunesse : une narration riche et une intrigue bien menée bien que rien ne soit franchement extraordinaire.
Tobie Lolness est une créature minuscule vivant dans un arbre et à qui la vie sourit. Jusqu’au jour où son père, génial inventeur, est banni avec sa famille dans les Basses Branches pour avoir refusé de livrer le secret de sa dernière découverte. Les années passent et Tobie arrive à 12 ans lorsque sa grand-mère meurt et remonte dans les Hautes-Branches pour son enterrement. Mais la rancœur de Jo Mitch vis-à-vis des Lolness ne s’est pas apaisée, tout comme sa curiosité vis-à-vis de la mystérieuse invention. Il veut savoir son secret pour détenir le pouvoir de détruire l’arbre, kidnappant les parents Lolness pour les questionner. Tobie se retrouve alors en fuite mais doit aussi trouver un moyen de sauver ses parents.
On retrouve dans ce livre les étapes du roman initiatique et d’aventure : un jeune héros qui doit découvrir le monde par ses propres moyens, une course poursuite pour sauver son peuple, l’aide d’une jeune-fille… Ce T1 plante le décor et répond à toutes les promesses du résumé. Le lecteur ne s’ennuie pas grâce à l’alternance des flash-back et de la fuite du héros que les illustrations mettent en valeur. Ces dernières sont l’un des plus gros points fort du livre : elles l’enrichissent considérablement et lui donne une véritable singularité. L’autre point fort de Tobie Lolness est la didactique. De Fombelle livre de vraies leçons de vie dont les thèmes sont revenus à la mode : l’écologie est au centre de l’œuvre et la lutte entre Sim Lolness et le personnage de Jo Mitch, caricature de la mafia, nous renvoie l’image de notre société divisée entre le progrès et l’anéantissement de la nature. L’auteur se concentre donc sur les conséquences de cette lutte plutôt que sur les personnages : on ne s’attache pas réellement à Tobie, la potentielle histoire d’amour est très secondaire, et chaque chapitre est une petite histoire que l’on peut lire avant de se coucher. Le public ciblé est donc assez jeune, dans les 8-10 ans, et tout est fait pour les sensibiliser à nos problèmes écologiques en douceur.
 
En bref
Apprécié
Non-apprécié
-          La didactique autour de l’écologie
-          Les illustrations qui démontrent un travail entre auteur et illustrateur et aèrent la lecture
-          La lecture facilitée pour le public ciblé
-          Peu d’originalité : roman initiatique et d’aventure sans surprise
-          Personnages peu attachants
 
 
Extrait
« A la fin, Limeur dit en regardant Tobie avec dégoût :
-          Le pire, c'est que les ordures, ça fait aussi des petits.
Tobie repliqua sans réflechir :
-          Des petits ? Vous n'êtes plus si petit, vous savez... »
***
« Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d'écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l'avait recouvert comme un seau d'eau.
Tobie regardait le ciel percé d'étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s'étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n'est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu'il se disait. Il se répétait aussi : «S'il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant...»
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d'écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue. Sa vie s'était arrêtée quelques heures plus tôt, et il se demandait ce qu'il faisait encore là. Il se rappelait qu'on lui disait toujours cela quand il fourrait son nez partout : «Encore là, Tobie !» Et aujourd'hui, il se le répétait à lui-même, tout bas : «Encore là ?»
Mais il était bien vivant, conscient de son malheur plus grand que le ciel. Il fixait ce ciel comme on tient la main de ses parents dans la roule, à la fête des fleurs. Il se disait : «Si je ferme les yeux, je meurs.»