lundi 21 mars 2016

Fans de la vie impossible



 Couverture de Fans of the Impossible Life
Auteur : Kate Scelsa
 
Prix : 15E
 
Edition : Gallimard (coll : Scripto)

Résumé

Pour Jeremy, passionné d'art, ancré dans sa solitude, c'est comme s'il avait toujours attendu Sebby à la minute où ils se rencontrent. Et Mira, qui a tant de mal à quitter son lit, ne se sent véritablement vivante que lorsqu'elle est avec Sebby, l'ami solaire et écorché.

Ensemble, ils n'ont plus peur. Ensemble, ils ne sont plus seuls. Mais la vie ne les épargne pas. Et les tentations destructrices sont là... S'aimer suffira-t-il à les sauver?

Trois adolescents déterminés malgré tout à vivre pour le meilleur, pour l'impossible. Un roman affranchi et émouvant qui ose évoquer sans détour l'homosexualité, le désir et le mal-être adolescent, avec une justesse poignante et beaucoup de tendresse.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Gallimard pour leur généreux service de presse.

Je vous ai parlé deux fois de Nous les Menteurs, je ne vous vante donc plus les mérites de ce livre. Or, la 4e de couverture de Fans de la vie impossible soutenait la comparaison vis-à-vis de la narration. J’ai tendance à être un peu sceptique car bien que ce soit tout aussi noir et pesant, il manque l’ironie amère de Cadence. Cependant, on ne peut pas vraiment les comparer car tous deux vont vite prendre des directions différentes.

Mira est dépressive. On ne sait pas pourquoi, elle non plus, ses parents l’ignorent tout autant. C’est comme ça. Mais, après avoir changé de lycée, elle doit montrer à tout le monde qu’elle a surmonté le cap de la dépression en se faisant de nouveaux amis.

Jeremy revient au lycée après plusieurs mois d’absentéisme. Son entourage est inquiet de le voir en éternel solitaire, surtout après le scandale dont il a été victime. Pour l’aider à se sociabiliser, son prof de littérature lui donne alors la mission de créer un club d’art.

Mira et Jeremy n’auraient pas autant été en contact s’il n’y avait pas eu Sebby, le meilleur ami de Mira. Extérieur au lycée mais toujours fourré avec eux, il va leur donner assez d’espoir et d’énergie pour les mener dans des quêtes impossibles, vers l’âge adulte.

 

Ce livre est classé pour les plus de 13 ans et je comprends pourquoi, j’aurai même tendance à dire que c’est même trop jeune. Il aborde des thématiques très dures comme les foyers, l’homophobie, la scarification, la drogue, l’exclusion et autres thèmes tout aussi boute-en-train. C’est un roman réalisterien n’est dramatisé. Cela a pour conséquence que l’on ne décolle de l’intrigue créant ainsi son caractère réaliste mais aussi terrible. Bien plus noir que Nous les Menteurs, la réalité ne nous est pas épargnée et est même plus poignant que ce dernier : le tragique est omniprésent. Mais, aussi bouleversant soit-il, je le trouve également très transgressif. La proximité, assez perturbante, qu’entretiennent les protagonistes n’est pas adaptée à un public de cet âge selon moi. La narration alterne entre les différents personnages et est réellement travaillée pour être propre à chaque personnage. Cette alternance est nécessaire pour ne pas nous engluer dans ce désespoir, car, si on ne changeait pas régulièrement d’atmosphère, on serait aussi dépressifs que les trois amis. Vous l’aurez compris, c’est un roman sans lumière, avec des personnages à la dérive et qui ne nous donne pas un grand espoir. A ne pas lire un dimanche pluvieux !

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Le réalisme : manque d’espoir
-          Narration variée  
-          Les thèmes abordés : foyer, drogue, fugue, homophobie…
-          Quelques longueurs
-          Non adapté à un public de 13 ans
-          La fin

 

Extrait

« Il y a encore une certain nombre de choses que nous ne nous avouons pas, des secrets que nous devons protéger. Il faudra encore un certain temps avant que tout sorte au grand jour; y compris nos vérités les plus complexes, étouffantes, intolérables. Mais nous apprenons peu à peu. »