lundi 14 décembre 2015

Les fiancés de l’hiver T2 – Les disparus de Clair de lune


Couverture : La Passe-Miroir, Livre 2 : Les Disparus de Clairdelune
Auteur : Christelle Dabos
 
Prix : 19E
 
Edition : Gallimard jeunesse

Résumé

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle.

Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ?

Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des
illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Lauréate du Concours du premier roman
organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama en 2012,
Christelle Dabos confirme dans ce deuxième livre
un talent hors du commun.

Mon avis

J’attendais, comme beaucoup de monde, le 2e tome des Fiancés de l’Hiver. Si le T1 a été un coup de cœur, le T2 a été à la hauteur de son prédécesseur. Une fois encore : toutes mes félicitations ! Voici l’une des seules séries que sitôt un tome terminé, on n’a qu’une seule envie : la relire !

Nous retrouvons une Ophélie déterminée à se battre contre le grand nord et sa société si traitresse. Promue par Farouk vice-conteuse, de mystérieuses disparitions ont lieu au sein de la Citacielle et elles ont toutes un lien entre Thorn et la nouvelle affaire qu’il défend. Gagnant les faveurs de Farouk et donnant ses pouvoirs à l’intendant le plus détesté, elle est bien évidemment dans la ligne de mire de tous ses opposants. Encore une fois, Ophélie doit affronter le Nord et bien plus encore : entre sa famille qui veut de plus en plus venir et cette histoire de souvenirs de Farouk, Ophélie se retrouve au centre de la vie de la Citacielle et aux origines de son monde.

Deux ans que nous l’attendons mais cela n’aura pas été en vain. Quel boulot abattu ! Dans ma chronique du T1, j’avais comparé sa plume à celle de J.K Rowling. Vous vous souvenez de l’ironie de la plume ? De la magie des mots ? On retrouve l’ironie très légèrement distillée dans cet univers tellement original et un véritablement enchantement dans cet univers. Mon ressenti s’est confirmé : le Nord et sa Cour étaient tjs aussi glaçants, Farouk me rendait toujours aussi mal à l’aise et j’étais toujours perplexe vis-à-vis de Thorn. Il me fait craquer celui-là : distant, blond, grand, dangereux, taciturne. Le bad boy mais en beaucoup moins stéréotypé. Il possède une vraie présence, une vraie personnalité, et il occupe la majeure partie du livre. Ophélie, quant à elle, est moins naïve : elle a appris à connaitre le Pôle et à s’en méfier. Elle a oublié son passé insouciant d’animiste et est devenue une vraie femme de ce Nord si dangereux. Bon, je dois avouer que ce n’est pas mon personnage préféré : on l’aura remarqué, je préfère nettement les personnages masculins ou les féminins très crânes brûlés. Mais même si Ophélie n’est pas comme ça, elle commence pourtant à étoffer ses griffes et je dois avouer que j’ai commencé à m’attacher à elle. Non ms regardez moi ! J’en parle comme d’une personne xD

Quand je vous dis qu’on s’y croit dans ce Pôle et qu’on souhaite même y aller ! Mais je m’arrête de rendre hommage à la plume de Dabos, que j’espère ne plus avoir à vanter. Quand on est capable de créer aussi passionnant que la mère d’Harry Potter, je considère que tout est dit. Quoi qu’il en soit, si cet univers est imaginé, il n’en demeure pas moins qu’il prend encore plus de consistance par la force de combinaison des mots et des images. Car oui, il s’agit d’un beau livre grâce aux illustrations de Laurent Gapaillard. Parfait mélange d’intrigues, de grand Nord et de personnages captivants, jetez-vous dessus. L’hiver rime désormais avec cette série incontournable et je m’en réjouis !   

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-        L’ambiance : grand Nord à la cour et roi inquiétants
-        Un tome 2 à la hauteur du premier
-        Les personnages
Ophélie devient plus mature et piquante qui ose enfin s’affirmer
Thorn acquiert une ambigüité et est au centre de l’intrigue
 

 

Extrait

« - Allier nos forces, ma colombe. Pourquoi devrions-nous être rivales pour de ridicules histoires de clans ? Nous sommes des femmes avant tout. Des femmes à l’esprit d’entreprise, qui plus est !

– Enfin un discours sensé, intervint la tante Roseline. Je suis entièrement de votre avis, très chère madame. Je rentrerais l’esprit tranquille sur Anima si je savais ma nièce capable de se débrouiller par ses propres moyens. Quelle sorte d’art pratiquez-vous ?

Le sourire de Cunégonde s’élargit dans un glissement de lèvres rouges.

– Je tiens des Imaginoirs. Des établissements d’illusions coquines, si vous préférez. J’ai appelé les miens les Délices érotiques et, croyez-moi, je ne les destine pas qu’à ces messieurs. 

À la façon dont la tante Roseline écarquilla les yeux, Ophélie sut que Cunégonde avait déjà cessé d’être une « très chère madame ».

– Il n’y a que deux catégories de femmes dans l’entourage de notre seigneur Farouk. Celles qui cèdent leurs charmes et celles qui cèdent leurs services. Si vous ne participez pas à son plaisir, vous ne survivrez pas longtemps ici. »

**

« – Coupure au front, fracture du nez, deux molaires cassées et quelques muscles froissés, énuméra-t-il sans lever le regard de son tri. Ne vous laissez pas impressionner par le sang, ce n’est que le mien.

– Vous avez une pharmacie ?

– J’en avais une. Dernier tiroir du bureau.

Ophélie s’accroupit sous la table, trouva un coffret de bois laqué et en déversa accidentellement le contenu par terre. À sa grande surprise, il n’y avait là que des dés : des dizaines, des centaines de petits dés. C’était la collection la plus bizarre et la plus inutile qu’elle avait jamais vue.  Elle finit par localiser le tiroir à pharmacie derrière le fauteuil du bureau, guidée par l’odeur étourdissante qu’il dégageait. Les flacons qu’il avait contenus étaient cassés. Dans l’espoir de trouver un survivant, Ophélie farfouilla les débris avec précaution, mais aucune bouteille n’était intacte et il n’y avait ni pansement, ni bandage, ni compresse, ni sparadrap.

– Vous devez voir un docteur, conclut-elle.

– Non, répondit Thorn, je dois ranger ces documents. L’intendance rouvrira ses portes à huit heures tapantes, pas une minute de plus.

Tandis que son écharpe s’ébrouait frileusement sur ses épaules, Ophélie s’agenouilla sur le parquet, en face de la silhouette arachnéenne de Thorn. Elle lui remit le paquet de feuilles qu’elle avait ramassées en chemin.

– À votre guise. Maintenant dites-moi : que s’est-il passé exactement ? Thorn examina un fac-similé à la lumière d’une lampe, tandis qu’il répondait :

– Deux individus masqués ont pénétré dans l’intendance par effraction, après avoir escaladé le mur extérieur. Ils m’ont posé quelques questions auxquelles je n’ai évidemment pas répondu, puis ils ont cherché ici ce qu’ils n’ont pas obtenu de moi. Mes griffes abâtardies ne valent peut-être pas celles de ma famille paternelle, mais, couplées à un pistolet, elles peuvent être dissuasives : ces messieurs sont repartis bredouilles par la fenêtre. (Pour illustrer ses propos, énoncés à la façon d’un procès-verbal, Thorn fouilla sa poche de chemise et sortit un sachet de velours noir.) Un nez et un auriculaire, annonça-t-il en secouant le sachet. Mes agresseurs seront désormais dotés de signes distinctifs qui faciliteront une future enquête. »

 

A savoir


_ Le T3 est en cours de rédaction et pour le moment, aucune info de publication n’a filtrée. Un T4 est également en projet. La série est véritablement lancée :D