dimanche 27 septembre 2015

La Coloc



 Couverture de La coloc
Auteur : Jean Philippe Blondel
 
Prix : 12, 5E
 
Edition : Actes Sud Junior

Résumé

L’Auberge espagnole version lycéens !

Que ressent-on à seize ans lorsqu’on s’arrache du cocon familial pour (presque) voler de ses propres ailes ?

Les parents de Romain ont hérité d’un grand appartement situé dans la ville de son lycée. Ils hésitent à le vendre ou le louer.  L’adolescent y voit un coup de pouce du destin : et si c’était lui qui l’habitait, afin d’en finir avec les longs trajets en car entre le domicile familial isolé et son bahut ?!  Ses parents se laissent convaincre et il s’agit alors de trouver deux autres colocataires. Leur choix se portera sur Rémi, le geek type (physique, bizarrerie et fringues assortis), et Maxime, son contraire, garçon populaire qui fait tomber toutes les filles.
Une année pleine de changements s’ouvre pour Romain, entre émancipation, joies et contraintes de la vie en communauté.

 

Mon avis

Encore un livre qui ne faisait absolument pas partie de ma PAL mais comme je lui ai trouvé une ressemblance avec la série Ma vie selon moi et Celui qui sera mon homard, je me suis laissée tentée. Je dois dire que si je ne regrette pas ma lecture, je n’ai pas totalement adhéré comme cela a été le cas avec les autres car le livre est vraiment court et les épisodes ne m’ont pas parus assez développés.

Romain vit à la campagne, déteste sa vie et ses parents et l’internat. Bref, un gamin de 16 ans… Jusqu’au jour où sa famille hérite d’un appartement proche de son lycée… Tout le monde étant à bout, trouve l’idée merveilleuse d’une collocation entre lycéens. Est d’abord recruté Rémi, le scientifique geek de base qui ne fera pas de vagues et Maxime, l’opposé de Rémi et Romain : beau, populaire, borderline. Entre deux éclats de voix et une ambiance d’internat, les garçons vont tirer des leçons de vie, grandir et nous donner envie de revenir au lycée.

Je l’admets, j’ai été attirée par cette ambiance de camaraderie idéalisée d’internat qui me fascine toujours autant. Le résumé est totalement fidèle à l’ambiance de la 1ere partie du roman : 3 ados commencent à faire connaissance et se lient d’amitié ; amitié qui n’aurait jamais vu le jour sans les affres de la colocation. Et puis, grâce à Maxime, ils grandissent : ils font la fête et tombent amoureux, tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes si  Maxime n’avait pas dépassé les limites. On entre dans la 2eme partie du livre, que j’ai moins appréciée. La coloc devient alors plus morne, plus ordinaire et pourtant tout aussi puissante émotionnellement. Mon seul reproche est l’épaisseur du livre de seulement 150 pages. Je suis  d’accord qu’il ne faut pas les passages trainent en longueur mais là c’était trop expéditif ; l’auteur abordait à peine un épisode qu’il changeait de sujet 20 lignes plus tard. C’est le seul bémol de ce livre car les personnages sont travaillés, l’ambiance est créée et on adhère immédiatement avec le caractère de Romain, ironique et caustique même si ma préférence est allée immédiatement à Maxime. Je ne comprends pas pourquoi ça n’a pas marché autant que pour les autres livres car il comportait tous les éléments pour que j’adhère. Mais il lui manquait une petite chose, que je ne saurai pas nommer, pour que j’accroche totalement.

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Petits moments de complicité entre les protagonistes
-          Ambiance auberge espagnole
-          La seconde partie du livre tournant autour de la romance et autres sentiments tournant autour  
-          Trop court

 

Extrait

« Le compromis, le voilà le mot-clé de ce début d’année scolaire. Il a fallu trouver des compromis pour pratiquement toutes les pièces. Pour l’organisation de la salle de bains – la répartition des brosses à dents (non, Maxime, tu n’as pas le droit de prendre n’importe laquelle, c’est dégoutant), des gels douche (oui, ce serait mieux s’il y avait une étiquette, même si ça ressemble aux colonies de vacances), des serviettes (même si les parents nous prennent souvent le linge sale, om faut qu’on se débrouille un peu, nous avons une machine à laver en parfait état de marche). Pour les règles de vie dans le salon-salle à manger (non, pas de télé en fond sonore ; chacun dans sa chambre à 22h30 les jours de semaine, sinon, on ne s’en sortira pas ; oui, Maxime, si tu râles mais si tu préfères, tu repars à l’internat tout de suite). »
 

« - J’en sais rien où il est le x et le y. Et je vais même te dire, j’en ai rien à foutre du x et du y. Ils peuvent bien aller s’enculer où ils veulent, je m’en bats les couilles !

Je suis sorti de ma chambre, prêt à intervenir. Je n’en ai pas eu besoin. Rémi est resté d’un calme olympien. Maxime s’est levé brusquement et a envoyé valser le programme télé de l’autre côté de la pièce. Rémi m’a jeté un coup d’œil puis a haussé les épaules. Il a réagi calmement :

-          Maxime, viens te rasseoir.

Ledit Maxime est allé s’installer sur le canapé, a pris la télécommande et a zappé d’une chaine à une autre, un coussin calé sur le ventre, le visage buté. Rémi a alors quitté la table du salon, non sans avoir auparavant fermé avec précaution le livre de maths de 1ere ES et le trieur de notre colocataire. Il est allé se réchauffer un café dans la cuisine. C’est là que je l’ai rejoint. On ressemblait à un père et une mère discutant ensemble de leur enfant à problèmes. Sauf que c’est moi qui jouais le rôle de la mère inquiète, tandis que Rémi temporisait et se voulait pragmatique.

-          Clairement, les maths, c’est pas son truc.  

-          Oui, mais il ne peut pas se payer une nouvelle mauvaise note sinon c’est la cata.

-          Ecoute, il ne veut pas travailler. Moi, je ne peux pas faire boire un âne qui n’a pas soif.

Maxime a braillé depuis le salon.

-          Je vous entends. Et je ne suis pas un âne, connard. »

 

A savoir

Si vous aimez ce genre d’ambiance, je vous conseille en priorité :

-          Celui qui sera mon homard : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2015/04/celui-qui-sera-mon-homard.html

-          Les 1ers tomes de la série Ma vie selon moi (non chroniqués)