dimanche 13 septembre 2015

Conversion


 Couverture : Conversion
Auteur : Katherine Howe
 
Prix : 18E
 
Edition : Albin Michel
Résumé
Qu'arrive-t-il aux élèves du prestigieux lycée St Joan? Une adolescente est prise de convulsions puis d'autres présentent à sa suite d'étranges symptômes : perte de cheveux, paralysie, quintes de toux… La presse s'empire de l'affaire, la rumeur enfle jusqu'à la panique. Seule Colleen remarque un détail qui a échappé à tous : St Joan se trouve à l'emplacement du village de Salem où, trois siècles plus tôt, des jeunes filles ont été touchées par des troubles similaires… Les époques se croisent, les drames se nouent : stress, simulation ou sorcellerie ?
 
Mon avis
Voilà un livre que je souhaitais lire depuis un bon paquet de temps et que j’ai enfin acheté. Même s’il n’est pas révolutionnaire, il est agréable à lire car il change des tendances actuelles et nous dépayse. Sans compter que le genre fantastique n’est pas ce qui prédomine dans mes lectures donc j’ai encore une capacité de surprise relativement préservée x)
2012. Un fait divers met l’Amérique en émoi : des jeunes filles d’une école privée de Denver tombent toutes malades et se disent sous l’emprise d’une force maléfique.
1706. Village de Salem : Ann Putman vient confesser ses crimes au révérend.
Aucun lien apparent entre ces deux villes et époques. Et pourtant. Denver, après le procès des sorcières de Salem a été rebaptisé ainsi. Et les jeunes filles du XXIe siècle souffrent des mêmes maux. Alors, simulation ou magie ?
 
C’est la question que l’on pose sans cesse, tout comme notre héroïne. Elle fait partie de cette école, fréquente les filles touchées par la Maladie Mystère et pourtant elle a du mal à démêler le vrai du faux. Pour autant, l’intrigue n’est pas concentrée sur la résolution de cette énigme ; nous suivons Colleen et ses démêlées avec sa vie d’adolescente. J’ai beaucoup apprécié le point de vue réaliste que nous offre Katherine Howe : si sa protagoniste s’intéresse au sort de son lycée, elle n’est pas pour autant omnibulée par les évènements extérieurs. Certes, elle les subit mais ils ne sont pas omniprésents dans sa pensée. La vie continue et Colleen se concentre donc sur ses dossiers de fac, ses amies et sur la relation naissante qu’elle développe avec Spencer. Mais, plus le récit avance et plus l’étau se resserre : Colleen veut savoir ce qui arrive à ses amies et émet des hypothèses. Le côté pensionnat est alors délaissé au profit des la Maladie Mystère. L’alternance des points de vue et des différentes époques permet d’ajouter une touche de doute supplémentaire ; malheureusement, la fin est trop prévisible et je trouve que l’auteure aurait dû se distinguer des autres récits fantastiques. Je ne suis pas du genre à dire ça mais manquait une touche d’horreur au récit pour qu’il soit véritablement prenant et angoissant. Pour autant, je ne vais pas lui tirer dessus car c’est un livre jeunesse et elle a eu la bonne idée de se démarquer des tendances actuelles en touchant deux genres bien distincts : la chick-litt et le fantastique. Je ne vous promets donc pas de grands frissons avec ce livre, mais au moins de passer un agréable moment.
 
En bref
Apprécié
Non-apprécié
-          Mélange des genres : chick-litt et fantastique
-          Recherches historiques
-          Passages qui trainent en longueur
-          Fin prévisible et trop classique
-          Un récit qui manque d’angoisse être véritablement crédible
 
Extrait
«  Je ne sais plus quand l’histoire a commencé. Et je crois que personne ne le sait vraiment.
Il y a eu un moment où déterminer la date et le lieu du premier incident semblait extrêmement important. Ils nous ont toutes interviewées parce qu’ils souhaitaient connaitre le site exact, ou l’heure, j’ai oublié. Ils nous ont exhortées une par une dans le bureau de la direction où avait été affichée une immense carte du lycée. Le plan était couvert d’épingles surmontées de petits drapeaux dont chacune portaient une date – un dispositif ultra élaboré. Ils pensaient que ces drapeaux, ces épingles et les fils qui les reliaient leur permettraient de se repérer, en tt cas, que ça en mettrait plein la vue aux infos. Il faut dire que c’était assez impressionnant, les flèches, tout ce petit montage, trop compliqué. Finalement, ça ne leur a servi à rien, mais j’imagine que ça les rassurait. 
Bon, j’arrête, je vais trop vite.
Si quelqu’un m’obligeait à donner une date, avec un revolver sur la tempe, par exemple, je dirais que c’était le 11 janvier. Parce que c’était un mercredi tout ce qu’il y a de plus banal, un mercredi, genre, rien à signaler.
Le style de journée que j’aurais oubliée le soir même. »
 
A savoir
Ce livre est un one-shot : il n’y aura pas de suite