lundi 6 avril 2015

Celui qui sera mon homard



 Couverture de Celui qui sera mon homard
Auteurs :
-          Tom Ellen
-          Lucy Ivison
 
Prix : 15.5E  
 
Edition : Gallimard Jeunesse (collection : Scripto)

Résumé

Sam et Hannah n'ont plus que l'été pour trouver leur homard, leur(e) partenaire idéal(e), avant d'entrer à la fac. Mais le destin joue contre eux. Quiproquos, maladresses et complexes alimentent leur crainte de rester vierges toute leur vie! Pourtant, ils pourraient bien être faits l'un pour l'autre...

Une formidable comédie romantique à deux voix qui nous fait vivre les grands moments d'une bande de copains, les fous rires, les excès et les malentendus, la confiance en soi jamais perdue malgré les apparences...et les surprises de LA première fois.

Tous les fans de la série "Friends" adoreront.

 

Mon avis

J’ai été attirée par ce livre parce qu’il a été publié par Gallimard et que je savais que c’était une valeur sure. Je vous avoue que j’ai eu un peu peur au vu du résumé : je m’attendais à un récit niais avec des personnages quiches mais, si j’avais espéré faire une chronique sanglante j’aurais été déçue. Parce que, malgré le résumé qui sentait l’été, ça n’a pas été une comédie romantique fade comme on peut en trouver à l’approche des beaux jours.

Même si l’intrigue n’avait rien d’original : Hannah et Sam fêtent la fin des exams, ils se croisent, s’apprécient puis la vie les sépare tout en occasionnant d’autres rencontres, les auteurs ont réussi à donner à ce livre un petit je ne sais quoi qui le distinguait du genre. Je me suis reconnue dans la bande de filles : leurs disputes, leurs questions, leurs vacances… Bref, la vie d’une jeune adulte qui a terminé l’adolescence mais pas totalement. Mais j’ai aussi apprécié Sam et ses potes, ils me faisaient rire et ils détendaient considérablement l’intrigue avec leurs conneries.

L’humour. Voilà le point fort de ce livre. Vous allez rire, impossible de ne pas le faire : c’est de l’humour anglais : noir et désabusé sur des choses futiles. La narration est pareille : ironique et légère mais également objective. Tous les personnages sont drôles, surtout les mecs. On le sent bien, j’ai préféré le point de vue de Sam à celui d’Hannah car le sien était beaucoup plus banal mais comme les points de vue alternent ; les chapitres et les péripéties défilent donc sans que j’ai eu le temps de lâcher le livre et de se lasser d’Hannah. Rassurez-vous, dès le début, on est accro et notre enthousiasme ne retombe pas une seule seconde. Autre point fort : c’est assez réaliste et donc pas stéréotypé comme dans un livre de ce genre ; les auteurs décrivent notre vie sans la rendre plus éclatante. Ils la rendent simplement plus drôle avec cette narration distanciée. J’ai donc passé un excellent moment, la référence à Friends de la part des éditeurs n’est absolument pas mensongère et, en plus, ne massacre pas la série. Mon seul regret était de ne pas avoir eu ce livre pendant les vacances d’été, j’aurais moins fantasmé sur ces dernières ^^.

 

Extrait


 

« SAM

Je le sentais mal. Totalement, profondément, terriblement mal. Mais qu’est-ce qu’on était en train de faire, bon sang ? J’ai décidé de poser la question à Robin.

– Je ne le sens pas, mon pote. Qu’est-ce qu’on est en train de faire ?

Agenouillé dans l’herbe humide à côté du grand seau en acier, il enfonçait un dernier manuel dans la masse de livres déchirés déjà entassés à l’intérieur

– Qu’est-ce que tu racontes ? a-t-il marmonné, tenant les livres en place d’une main tout en cherchant un briquet dans sa poche. Cela me semble plutôt évident, ce qu’on est en train de faire. Il a allumé deux fois le briquet pour vérifier s’il fonctionnait bien. C’était le cas.

– Ce que je veux dire, c’est que je ne me sens pas de faire ça après ce qui s’est passé ce matin.

– C’est précisément pour fêter ça, espèce d’idiot.

– Justement ! ai-je hurlé alors qu’il se levait, époussetant le devant de son pantalon, maculé de terre mouillée. Il n’y a rien à fêter. Je t’ai dit que j’avais complètement foiré mon épreuve de français. Donc si on fête quelque chose, c’est une défaite. Tu connais des gens qui célèbrent leur défaite ? C’est illogique.

Il a ricané d’un air méprisant.

– On ne célèbre ni la victoire ni la défaite. On célèbre le fait que c’est terminé. Peu importe nos résultats ; ce qui compte, c’est qu’on n’aura plus jamais à repenser à ces examens.

Il était complètement à côté de la plaque, sur ce coup. J’avais plus pensé à cette épreuve de français depuis que je l’avais terminée, ce matin, qu’au cours de ces six derniers mois. Ce qui, pour être honnête, expliquait peut-être pourquoi je m’étais planté à ce point. Putain de plus-que-parfait ! Non, mais franchement, qui a besoin de remonter aussi loin dans le passé ?

Robin a de nouveau allumé le briquet.

– Bon. On le fait, alors ?

Ça avait toujours été notre plan. Dès le début de l’année de sixième, nous avions convenu que le jour où nous passerions la dernière épreuve du bac, nous fêterions ça en incinérant tous nos livres de classe. Ce geste était censé représenter une sorte de purification ; un feu de joie splendide et cathartique qui symboliserait la fin de notre enfance et le début de... eh bien, pas vraiment de l’âge adulte, mais d’un pas dans cette direction, en tout cas. Mais dans la réalité, nous nous retrouvions plantés devant un seau dans le jardin de Robin. Si c’était ça, la route menant à l’âge adulte, j’envisageais de faire demi-tour.

Robin s’est agenouillé et a plongé la main au fond du seau pour en sortir mon manuel de français. Il l’a soigneusement posé au sommet du tas et m’a tendu le briquet.

– Allez, tiens, mec. Montre à ces crétins de Français de quel bois tu te chauffes.

J’ai secoué la tête.

– Non, je n’ai pas envie.

Il a haussé les épaules.

– Comme tu veux.

Il a approché la flamme du briquet d’un coin de la couverture du livre.

– Pourquoi est-ce que ça ne brûle pas ? a-t-il demandé. Il ne se passe rien.

– Il est plastifié, tête de nœud.

La flamme ne parvenait qu’à grand-peine à brunir légèrement le coin recouvert de plastique. Si l’on employait cette méthode pour chaque livre, on allait y passer la journée.

– Mais pourquoi est-ce qu’ils les plastifient, putain ? s’est-il emporté en éteignant le briquet.

– Sans doute pour empêcher des types comme nous de les brûler dans des seaux. »