vendredi 6 mars 2015

Black Ice



Auteur : Becca Fitzpatrick
 
Prix : 17E
 
Edition : MsK

Résumé

L’appel du danger est irrésistible…

En décidant de passer un week-end à la montagne avec sa meilleure amie, Britt était loin d’imaginer que son ex, Calvin, serait aussi de la partie. Tandis qu’elle profite du trajet pour réfléchir à leur histoire, Britt et Korbie se retrouvent bloquées au milieu de nulle part dans une terrible tempête de neige. Bravant le froid glacial, elles finissent par trouver refuge dans un chalet occupé par deux beaux inconnus. Deux malfaiteurs en fuite qui les prennent en otage.

Tandis qu’elle échafaude des plans pour trouver une issue, l’angoisse de Britt grimpe d’un cran : elle découvre que plusieurs meurtres ont été commis dans la région. Sans compter que le comportement bienveillant de Mason, un des deux ravisseurs, est déconcertant : est-il un ennemi ou un allié ? Peut-elle lui faire confiance ? Les apparences sont trompeuses au milieu du blizzard, et les secrets bien gardés…

 

Mon avis

Becca Fitzpatrick est l’une de mes auteures préférées grâce sa saga Hush Hush (que j’ai lue il y a trop longtemps pour pouvoir faire une chronique valable). Aussi, est-ce avec enthousiasme que je me suis jetée avidement sur son nouveau livre, surtout que le concept me semble être vraiment innovant. Bref, en attendais-je trop ? Suis-je trop vieille pour ces lectures ? Je me pose toutes ces questions car j’ai eu une lecture vraiment divisée et j’ai peur de relire Hush Hush

Britt semble être le stéréotype de la fille populaire, sans plus, du lycée qui a son groupe de copines, assiste aux fêtes et se soucie à la fois de ses études et de son springbreak. Le concept ? Partir pendant les vacances de printemps à Cuba, Hawai ou autre pour faire la fête. C’est ce que font en tout cas tous les américains de 17 ans. Cependant, Britt choisit de faire un trekking dans les montagnes où sa meilleure amie, Korbie, possède un chalet. Cependant, les parents inquiets de les laisser seules, engagent le grand frère de Korbie, Calvin, pour surveiller les filles et les accompagner dans leur randonnée. Le problème ? Calvin est l’ex de Britt et celle-ci entreprend cette randonnée pour le reconquérir. Jusque là, tout était parfaitement planifié par Britt mais elle ne peut pas dompter la tempête de neige qui va s’abattre sur la montagne et la forcer à se réfugier dans un chalet habité par deux garçons étranges voire assez névrosés et qui vont tourner sa petite randonnée en véritable cauchemar.

J’ai vraiment adoré l’ambiance : suspens, meurtres, guerre psychologique, errance… Vraiment, j’étais captivée et je me demandais qui allait sortir vivant de cet enfer tout en me disant que, décidemment, j’aimais profondément ma bouillote, ma couette et mon pyjama en pilou ^^. Bref, j’étais passionnée et prise dans l’intrigue et il n’y aurait pas eu la romance, la mayonnaise aurait complètement prise. Pourquoi ? Je ne sais pas si c’est le personnage masculin qui ne semblait être qu’une pâle copie de Patch ou si c’est parce que les scènes me semblaient trop enfantines. Bref, j’ai eu l’impression que les personnages étaient trop jeunes pour moi. Après c’est normal vous me direz, c’est destiné à des ados. Peut-être suis-je désormais trop vieille pour ce genre de choses (mon cœur se brise en écrivant cette phrase ^^). Je suis pratiquement sure qu’un ado de 15 ans aurait adoré et la fin correspondait vraiment à une fin pour romans d’ado typique. Cette liste de défauts n’est pourtant pas rebutante parce que je peux vous dire que j’étais prise dans mon histoire et que je ressentais chaque courant d’air qui s’engouffrait dans les doudounes des personnages tout en bénissant mon radiateur. Bref, une ambiance vraiment intéressante, une héroïne forte de caractère qui m’a inspiré du respect (personnellement, je n’aurai pas fait un tiers de ce qu’elle a fait ^^) et une romance jeune public. Ce livre a les qualités nécessaires pour séduire un large public, il ne reste plus qu’à se lancer.

 

 

Extrait

Britt et son ex

« — Pas de relation sérieuse, alors ?

— Pourquoi ? s’enquit-il en pressant son index contre mon épaule. Tu as quelqu’un, toi ?

— Bien sûr !

— C’est ça, s’esclaffa-t-il. Korbie m’en aurait parlé.

Je ne me démontai pas et haussai les sourcils.

— Crois-le ou non, mais Korbie ne te dit pas tout.

Il se renfrogna et, à sa mine désabusée, je compris qu’il était sur le point d’adhérer à mon histoire.

— Qui est-ce ? demanda-t-il.

On prétend que pour rattraper un mensonge, il faut éviter d’en raconter d’autres. Mais je continuai sur ma lancée.

— Tu ne le connais pas. Il vient d’emménager.

— Ben voyons, comme c’est pratique. Désolé, mais ça ne prend pas.

Pourtant, je décelai le doute dans sa voix. Je voulais soudain lui prouver que, bien qu’il ne m’ait jamais donné d’explication, j’avais bel et bien tourné la page. Et trouvé mieux, beaucoup mieux que lui. Pas question de le laisser croire que, pendant qu’il jouait les bourreaux des cœurs en Californie, je passais mon temps à pleurer sur de vieilles photos de lui.

— Justement le voilà ! Regarde par toi-même, dis-je sans réfléchir.

Calvin suivit mon geste des yeux tandis que je désignai une Volkswagen rouge garée devant la pompe à essence la plus proche. Le type qui remplissait le réservoir devait avoir deux ans de plus que moi. Ses cheveux bruns, coupés courts, soulignaient la parfaite symétrie de son visage. Je ne distinguais pas ses iris, mais j’espérais qu’ils seraient marron, uniquement parce que ceux de Calvin étaient d’un vert éclatant et profond. La carrure développée de l’inconnu m’évoqua aussitôt celle d’un nageur. Je ne l’avais jamais croisé dans les environs.

— Lui ? Je l’ai aperçu en arrivant. Sa voiture est immatriculée dans le Wyoming, rétorqua Calvin, sceptique.

— Je te l’ai dit : il vient de s’installer en ville.

— Il est plus vieux que toi.

— Et alors ?

La clochette du magasin tinta et mon prétendu petit ami entra. De près, il me parut plus séduisant et avait effectivement des yeux sombres, dont la couleur me rappelait celle du bois. Alors qu’il fouillait sa poche arrière à la recherche de son portefeuille, j’entraînai Calvin derrière le rayon des biscuits.

— Britt, à quoi tu joues ? s’exclama-t-il en me dévisageant comme si j’étais un extraterrestre.

— Je ne veux pas qu’il me voie, murmurai-je.

— Parce que ce n’est pas vraiment ton copain, c’est ça ?

— Non. C’est juste que…

Où était ce troisième mensonge dont j’avais tant besoin ?

Avec un sourire machiavélique, Cal s’arracha à mon étreinte pour se diriger tout droit vers la caisse. Réprimant un juron, j’observai la scène entre deux étagères. L’air affable, il aborda le nouveau venu qui portait une épaisse chemise à carreaux, un jean et des chaussures de marche.

— Salut !

L’inconnu le considéra à peine, mais répondit par un signe poli.

— Il paraît que tu sors avec mon ex ?

À son ton jubilatoire, je compris qu’il comptait me prendre à mon propre piège. Enfin, son interlocuteur réagit. Il examina Calvin avec curiosité et je sentis mes joues s’enflammer encore davantage.

— Oui, ta copine, insista Calvin. Celle qui se cache là-bas, derrière les paquets de gâteaux.

Il me désignait du doigt. Je me redressai alors pour laisser apparaître mon visage au-dessus des étagères. Je triturai mon tee-shirt et ouvris la bouche, mais aucun mot n’en sortit.

Le jeune homme leva la tête. L’espace d’un instant, nos regards se croisèrent. Honteuse, je lui soufflai un piteux : « Je peux t’expliquer. » Mais j’en étais incapable.

Puis l’impensable se produisit. Il se retourna vers Calvin et déclara avec aplomb :

— Eh bien oui, ma petite amie. Britt.

Je tressaillis. Comment connaissait-il mon nom ? Calvin parut tout aussi déconcerté.

— Ah, euh… Désolé, mon pote. Je croyais que… Calvin Versteeg, se présenta-t-il en lui tendant gauchement la main. Le… l’ex de Britt.

— Mason.

Mason fixa la main de Calvin sans la lui serrer. Il glissa quelques billets à Willie Hennessey avant de s’approcher de moi et de m’embrasser sur la joue. Un baiser bien innocent, qui troubla tout de même les battements de mon cœur.

— Toujours accro aux granités, à ce que je vois ! me lança-t-il, chaleureux et enjôleur.

Progressivement, je lui rendis son sourire. Puisqu’il semblait décidé à entrer dans mon jeu, je comptais bien en profiter.

Je fis mine de m’éventer tout en lui adressant un regard langoureux.

— J’ai aperçu ta voiture sur le parking alors j’ai ressenti le besoin de me rafraîchir les idées.

Les ridules au coin de ses paupières se plissèrent. Je devinai qu’il riait sous cape.

— Et si tu passais chez moi, plus tard, Mason ? J’ai un nouveau brillant à lèvres à tester…

— Ah, l’épreuve du baiser, renchérit-il du tac au tac.

Du coin de l’œil, je jaugeai la réaction de Calvin. À ma grande satisfaction, je le vis changer de couleur. »