dimanche 22 février 2015

La Princesse Blanche


 

 
 Couverture : La princesse blanche
Auteur : Philippa Gregory
 
Prix : 17E
 
Edition : Hugo Romance

Résumé
Une saga digne de Game of Thrones : sexy, scandaleuse et addictive
La Princesse Blanche clôture la saga historique de Philippa Gregory sur la Guerre des Deux-Roses. Ce conflit historique de premier ordre pour la succession du trône d’Angleterre se déroule entre 1455 et 1485, entre deux maisons : les Lancastre et les York. L’emblème de la maison de Lancastre était la rose rouge, tandis que celui des York était la rose blanche, ce qui donna son nom à cette guerre, mais aussi au roman de Philippa Gregory. L’auteur raconte la fin de cette guerre et ses conséquences, à travers le regard de la princesse Elisabeth York (rose blanche) dont le mariage forcé avec Henri VII (victorieux contre Richard III, qu’elle aimait et aurait dû épouser), met fin à la guerre des Deux-Roses et la couronne reine. Son avenir ne sera pourtant pas radieux : ses deux frères Richard et Édouard, sont présumés morts. Elle doit faire face aux intrigues de cour. D’un côté, sa mère fomente des rébellions pour reconquérir le trône. De l’autre, la mère d’Henri prend toutes les décisions à la place de son fils. Plusieurs révoltes menées par des imposteurs se prétendant prince d’York viennent troubler l’équilibre si précaire de la couronne.
La fin de la Guerre des Deux-Roses, souvent considérée comme le passage entre le Moyen Âge et l’époque moderne, moment fondateur pour l’État anglais, est ici racontée avec brio par l’une des plus talentueuse romancière du genre, qui choisit de faire parler les femmes que l’Histoire a trop souvent tendance à oublier.

 

Mon avis

Enfin ! Enfin, je vais pouvoir parler de ma série coup de cœur sans avoir l’impression de faire une digression. Peut-être avez-vous entendu parler de The White Queen, la série de la BBC basée sur la série de Philippa Gregory.

 

 

 
 


 

 

Voici la bande annonce : http://youtu.be/ydneyl2S30o

Comme j’avais beaucoup apprécié, j’avais décidé de la lire mais je ne voulais pas lire une œuvre que j’avais vu à la télé (j’ai eu le même problème avec Harry Potter) et je m’étais donc lancée dans la lecture d’Hérétiques. Si cette lecture vous intéresse, vous pouvez retrouver mon avis sur les 2 premiers tomes ici :



Mais, alors que j’allais me résoudre à lire les débuts de cette série, que vois-je ? La suite parait en livre ! Je ne vous explique pas ma joie, je pense qu’elle se sent ^^

Bon, malgré quelques hésitations du type : « et si c’était moins bien ? », « C’est le T5 après tout, il y a surement des passages que je ne vais pas comprendre et des personnages qui me seront inconnus parce la série les a occultés », je me suis lancée… Et mes aprioris n’étaient absolument pas fondés : j’ai pu suivre comme si j’avais lu tous les tomes car la série est très fidèle. La connaitre a même été un atout : je n’avais pas besoin d’imaginer les personnages, les décors ou quoi que ce soit. Si je peux vous recommander quelque chose, c’est d’abord de voir la série puis de lire les livres plusieurs mois après.

Attention, spoilers pour ceux qui ne connaissent pas la série ou la Guerre des Deux Roses.

D’abord, un petit rappel sur cette guerre (qui a d’ailleurs inspiré Game of Thrones) : la famille royale anglaise des Plantagenêts est divisée en 2 entre les :

-         Lancastre : rose rouge dont les représentants directs ont été tués par les Yorks mais il reste une branche cousine plus éloignée : les Tudors

-         Yorks : rose blanche qui a pris le pouvoir grâce à la jeunesse vigoureuse d’Edouard IV sur le déclin des Lancastre

Depuis, les Lancastre tente de récupérer le trône mais échouent malgré la mort du roi Edouard IV. En effet, c’est son frère, Richard III, qui reprend le royaume malgré les ordres de son prédécesseur. Comme toujours dans les guerres de succession, il y a le problème des héritiers et des mariages. Edouard avait 2 fils : Edouard et Richard mais ils ont disparus et personne ne sait qui les a tués ; Lancastre ou York ? La question demeure entière aujourd’hui. Le 1er problème étant réglé, il reste la question du mariage. Souvent, ils assurent la paix et Richard va faire succomber sa propre nièce, fille d’Edouard, pour assurer sa stabilité et assurer l’unité de la famille York malgré les fiançailles d’Elisabeth avec l’adversaire. Mais si les Yorks sont calmés, il reste la rose rouge tenue par les Tudors. Richard part donc au combat contre Henri et est vaincu.

Le livre démarre donc avec la victoire d’Henri Tudor qui part récupérer sa promise pour assurer son trône. Et oui ! Elisabeth, ancienne maitresse du roi, a été fiancée au prétendant au trône par sa mère. Cette dernière voulait s’assurer que quoi qu’il arrive, la maison York serait sur le trône. Déjà qu’être femme à cette époque c’était pas folichon, alors avoir été la maitresse de Richard III puis la femme d’Henri VII, c’est encore moins enviable… Sans compter qu’Henri a peut-être gagné une bataille et est assis sur le trône mais pas la guerre et c’est loin d’être gagné avec les prétendants qui fleurissent en se déclarant être les enfants disparus d’Edouard IV et qui connaissent les rouages de la société féodale…

Je vous ai fait un résumé assez long car il est assez difficile de se repérer avec tous ces cousins qui portent le même nom et comme c’est une époque que je connais sur le bout des doigts, je ne peux pas vous dire si Philippa Gregory a été claire ou non. Si vous souhaitez vous lancer dans cette série et que vous avez peur, laissez un commentaire et j’expliquerai de façon plus approfondie les tenants et les aboutissants, les liens de parenté des différents personnages ; il serait dommage de ne pas lire ce livre juste par crainte de se perdre. Sans compter que la série est très bien faite. Et puis, honnêtement, je pense que Gregory est assez claire sur le sujet mais si ça vous effraie, je peux le faire sans aucun problème. Bien, cela posé, passons au livre qui a un gros point fort : une écriture simple, fluide, pour traiter un sujet aussi complexe et une époque aussi obscure.  La vérité historique est respectée : le caractère ombrageux d’Henri, la folie des Beauforts, la détermination des Yorks, la patience d’Elisabeth… Les guerres ne s’arrêtent pas, les trahisons non plus et le mystère sur les enfants York est très bien rendu Cependant, il ne faut pas oublier que c’est plus une romance qu’un livre historique (même si Gregory a su trouver un juste milieu pour ne pas lasser le lecteur), aussi, il y a quelques petites entorses dans les bio mais elles sont vraiment minimes. Comme par exemple la liaison entre Richard III et Elisabeth qui est vraiment perturbante vu qu’ils sont parents directs et qui est un peu trop idéalisée à mon goût : je ne pense pas qu’Elisabeth ou même Richard étaient si amoureux que cela mais juste qu’ils trouvaient un intérêt politique à être ensemble. Aussi, sa tristesse au début du livre me semblait exagérée et contribuait à la rendre plus romanesque que véritablement historique et accentuait l’horreur d’être mariée à l’ennemi du royaume, un Tudor qui plus est. De même, j’ai eu l’impression que Gregory plaquait les défauts du plus célèbre des Tudors sur Henri VII : il adorait sa femme, vraiment, et n’a jamais eu de maitresse à la différence d’Henri VIII. Quand elle est morte, il a été dévasté et son fils et lui se détestaient parce que Henri a toujours préféré son premier né au second donc il me semble peu probable qu’il allait jouer avec lui à la nurserie. Ceci dit, je vous énumère des petits défauts et je me montre tatillon parce qu’il s’agit de mon époque. Un autre point fort dans l’écriture : l’ambiance angoissante dans laquelle on sait qu’il y a un traitre mais il est impossible à débusquer dans le jeu de faux semblants de la Cour. Comme Henri, on se sent toujours menacé par quelque chose sans savoir ce qui va nous tomber dessus ; on s’attend au pire lorsqu’il est avec Elisabeth : sera-t-il doux ou violent ? Tous les personnages inspirent quelque chose : du respect, de l’énervement, de l’attachement, de la pitié, de la frustration. Il est impossible de lire ce livre en n’étant pas impliqué et au bout d’un moment, on n’a qu’une envie : secouer le roi par les épaules et tenter de lui ouvrir les yeux (tentative vaine puisque les Tudors sont complètement allumés). J’ai vraiment passé un bon moment en compagnie de ce roman et j’espère que la suite paraitra bientôt. Ironie du sort : j’ai apprécié ce livre qui je pense reprendre la série depuis le T1 x)     

 

Extrait

« L’Histoire ne se souviendra de moi que comme l’épouse d’un roi et la mère d’un autre. »