jeudi 31 juillet 2014

Le Manuscrit perdu de Jane Austen




Couverture de The Missing Manuscript of Jane Austen
Auteur : Syrie James
 
Edition : Hachette (edition : Black Moon)
 
Prix : 16E
 
 

Résumé

Samantha McDonough mène la vie sans surprise d’une bibliothécaire sans histoire. Un jour, elle fait une surprenante découverte. Un livre, déniché dans une petite librairie, qui va changer sa vie. Car entre ses pages se cache une lettre vieille de deux cents ans. Une lettre signée par l’une des plus grandes romancières anglaises : Jane Austen.

Voilà Samantha lancée sur la piste d’un manuscrit perdu, dans une course contre le temps, qui va la guider tout droit entre les murs d’un manoir magnifique, et entre les bras de son séduisant propriétaire…

 

Mon avis

Voilà une lecture qui promettait d’être intéressante et qui, même si elle était légèrement en dessous de mes attentes, ne fut pas pour autant un repoussoir, bien au contraire ! Car si j’espérais une quête pour trouver le manuscrit perdu, je dois avouer que l’intrigue n’a pas été aussi ennuyante et décevante qu’elle le paraissait au premier abord. Certes, l’héroïne effectue bien des recherches pour trouver le manuscrit mais elles sont vite éclipsées au profit de la véritable intrigue.    

Samantha est passionnée par la littérature et particulièrement par Jane Austen ; sur qui elle a commencé à écrire une thèse. Malheureusement, la maladie de sa mère l’a empêchée de la terminer et elle est donc retournée aux Etats-Unis, son pays natal, afin de l’accompagner dans ses derniers jours. Deux ans ont passés, Samantha est employée dans une bibliothèque, a décidé d’accompagner son compagnon au Royaume-Uni pour s’offrir des vacances. Là-bas, elle renoue avec son passé d’étudiante et flâne dans des petites librairies aux livres anciens ; c’est là qu’elle trouve un recueil de poésie appartenant à Jane Austen ainsi qu’une ébauche de lettre dans laquelle la célèbre écrivaine évoque un manuscrit perdu. Imaginez un peu le ravissement de Samantha, pour qui cette découverte s’apparente à un Graal littéraire, et qui, telle une Indiana Jones de la littérature se plonge dans la recherche de ce manuscrit inconnu. Ses recherches vont la mener jusqu’à un manoir détenu par un charmant anglais qui se prend lui aussi de passion pour la recherche du manuscrit. Leurs recherches vont aboutir et ils vont nous faire la lecture du manuscrit simplement intitulé Les Stanhope.

Rebecca Stanhope appartient à la petite bourgeoisie provinciale et va bientôt devenir une vieille fille ce qu’elle ne regrette absolument pas, heureuse de vivre avec son père, la révérend  William Stanhope, dans la cure d’Elm Grove où il officie. Rebecca est une héroïne très romantique et classique : aimant les promenades dans la campagne et la musique, elle est douce et place l’amour au centre de tout ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle n’est pas mariée. En effet, son père qui regrette affreusement sa défunte femme, lui a appris que le mariage ne doit être fait que si l’amour est le vecteur ressemblant les deux promis. Rebecca, n’ayant pas trouvé quiconque lui inspirant un pareil sentiment, préfère demeurer chez son père en attendant de trouver cet amour et n’est pas pressée car son logis qui lui convient à merveille. De plus, elle déteste tout changement et se marier en représente un de trop grande importance. Pourtant, il va en survenir un qui va l’amener à modifier sa vie entière : le pasteur, souhaitant rendre hommage à sa femme, économise depuis plusieurs années les dons faits à la paroisse afin d’acheter des cloches. Ayant réuni l’argent, il décide de faire le voyage pour les commander et de s’arrêter en chemin dans une auberge où, dit il, on lui dérobe son argent. Cependant, le révérend est connu pour sa passion des cartes, aussi lorsqu’il raconte cela à son employeur, celui-ci décide de le congédier en l’accusant d’avoir joué la somme nécessaire aux cloches. Le voilà lui et sa fille, à la rue sans le moindre argent réduits à compter sur la charité d’autrui. Il se fait donc héberger par sa seconde fille et Rebecca n’a d’autre choix que suivre même elle ne souhaite pas renoncer à la demeure où elle a toujours vécu. Ils voyagent donc et font nombre de connaissances qui lui permettent de confronter ses aspirations et illusions à la réalité, que ce soit la mesquinerie de la société ou le caractère de ceux qu’elle croyait connaitre. Sans compter qu’à travers toutes ces rencontres, il se pourrait qu’elle trouve enfin quelqu’un qui lui corresponde…

Si l’on a du mal à rentrer dans l’histoire des Stanhope, ce n’est que le début et il faut persévérer pour accéder au véritable nœud du roman. Roman, que j’ai apprécié tant parce qu’il mêle deux univers distincts : un du début du XIXe siècle et un du XXIe siècle mais aussi parce que deux intrigues se développent parallèlement et sont toutes deux aussi passionnantes l’une que l’autre. En plus, on peut voir les deux héroïnes se construire au fil du roman et devenir de plus en plus indépendantes et fortes ce qui force l’admiration du lecteur. En outre, j’adore Austen et j’admire le travail fait par Syrie James qui a reprit un brouillon d’Austen pour en faire naitre un roman qui présente des similitudes avec ses œuvres. Ce qui donne lieu à une idée aussi géniale que remarquable. Et même si, je ne vous le cache pas, il ne peut pas égaler une œuvre véritable d’Austen, il n’en demeure pas moins un joli roman historique où les thèmes chers à Austen tels que l’honneur, la gentry et la romance sont présents.

 

Extrait

« - J’avoue que l’histoire me plait. J’aime les personnages. Rebecca est grave et pleine de cran, M. Stanhope est un bon vieux type, le Dr Jack Watkins incarne le héros tout craché… j’espère qu’on va en apprendre davantage à son sujet. Que va-t-il lui arriver ? Qu’est devenue la somme volée ou perdue au jeu ?

  • J’ai hâte de l’apprendre.
    Nos regards se croisèrent.
  • On continue alors ? »