vendredi 6 juin 2014

Un Garcon de trop


Un garçon de trop









  
Auteur : Abbi Glines
Prix : 14E
Edition : La Martinière jeunesse  


















Résumé

Entre le garçon idéal et le très séduisant bad boy, le coeur d’Ashton balance.

Quand ils étaient enfants, Beau, son cousin Sawyer et Ashton formaient un trio inséparable. Mais les choses ont changé. Sawyer est devenu un garçon parfait et Beau un bad boy peu fréquentable. Ashton s’est mise à sortir avec Sawyer et a alors perdu de vue Beau.

Pourtant, au cours d’un été, alors que Sawyer est en vacances avec ses parents, Ashton et Beau se retrouvent, se redécouvrent et leurs certitudes vacillent. Ashton a-t-elle pris la bonne décision en choisissant celui qui fait l’admiration de tous ? Est-elle vraiment heureuse à ses côtés ? Beau, lui, ne veut surtout pas trahir son cousin qu’il admire.

Le retour de Sawyer les ramènera un temps sur le droit chemin... Mais combien de temps l’illusion durera-t-elle ?

Une romance sur la difficulté d’assumer ses sentiments face au poids des conventions.


Mon avis

Vous avez sûrement entendu parler de ce nouveau genre appelé « new-adult » représenté par des auteurs souvent auto-publiés qui ont eu du succès sur internet et qui ensuite été publiés chez des maisons d’éditions plus classiques. Genre qui peut produire des livres vraiment addictifs même si on ne comprend pas pourquoi mais extrêmement rares (ex : Beautiful Disaster : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2014/02/beautiful-disaster.html), les autres étant plutôt synonyme d’ennui. Car ce genre s’attache à montrer principalement un amour difficile entre deux ados tournant autour des 18 ans dont quelques scènes sont érotiques. Quand je donne cette définition, je pense à Te succomber de Jessica Wilder que j’ai préféré ne pas chroniquer tant il m’avait énervée. La plupart du temps c’est très guimauve et fleur bleue. Mais bon au vu du résumé, on s’y attend. Pourtant, ce livre a réussi un exploit : ce n’est pas que la plupart du temps, c’est tout le temps ! Je ne sais pas quel personnage était le plus romantique tant ils étaient tous dégoulinants et mièvres de sentimentalisme. Honnêtement, quand je ne m'ennuyais pas, j'étais exaspérée et je ne comprends pas que l’on destine ce livre à des lecteurs qui ont la vingtaine. Il se veut transgressif mais rien ne choque le lecteur : il n’y a pas de scènes érotiques, ou alors, rien de choquant et les dialogues pourraient se résumer à « je t’aime/ moi aussi, mais je ne veux pas que tu souffres ». Rien de très palpitant en somme...
L’écriture n’a rien de spécial, son seul atout est qu’elle alterne les points de vue. Heureusement, d’ailleurs ; sans ça, l’ennui m’aurait consumé. Et pour couronner le tout, les personnages n’ont pas de réel caractère qui permettrait de rendre l’intrigue plus prenante. L’héroïne est surement la protagoniste la plus idiote et soumise que j’ai rencontré de toute ma vie, un parfait stéréotype de la mère au foyer. Quant au soit disant bad-boy, je l’attends toujours ! Car oui, je m’attendais à des répliques mordantes, un mec sexy, bref un genre de nouveau Patch. Pff ! Que nenni ! Je n’ai eu droit qu’à des miauleries et des jérémiades de la part dudit bad-boy. Pour la défense de Glines, il était surement difficile de donner une épaisseur et un relief à ses personnages avec une intrigue pareille, la trame était trop pauvre : une pom-pom girl qui sort avec la star de l’équipe de foot et enfant chéri de la ville mais qui est secrètement amoureuse du cousin de son copain et également son ex-meilleur ami, le bad-boy de la ville. Alors, autant vous dire que quand le gentil petit copain part en randonnée avec sa famille, les deux tourtereaux se rapprochent très vite. Car oui, bien évidement, du côté de Beau (le bad-boy), les sentiments sont depuis longtemps partagés mais il se retient vu que son cousin a mis la main sur la seule fille qu’il ait jamais aimée.

Ainsi, la partie romance qui représentait l’aspect le plus attractif du roman, est bien trop vite traitée et c’est le dilemme des personnages qui domine : d’un côté Ash qui ne veut décevoir personne et qui fait gentiment tout ce que l’on exige d’elle ; et de l’autre, Beau qui est divisé entre ses sentiments et sa culpabilité car Sawyer est plus que son cousin, il est comme un frère. C’est le seul de toute sa famille à le traiter correctement mais c’est aussi celui qui le protège des brimades de la ville. Toujours plus de pathos... Jamais je n’ai eu tant envie de balancer un livre contre un mur ! L’ennui et le sommeil me guettaient à chaque bout de pages et même le rebondissement  censé consister la grosse surprise (qui ne concerne pas directement le triangle amoureux) a finalement été saluée par un soupir de soulagement de ma part et un : « enfin il a compris ! ». Car oui, la surprise n’en est pas une, on voit venir le mélodrame bien avant les personnages. Plus j’y pense et plus je me dis que Glines a trop regardé les Feux de l’Amour dans sa jeunesse. Oui, la révélation censée vous laisser sur le cul aurait pu être ponctuée de la musique dramatique si célèbre de ce soap-opéra. Il me semble ce livre reste beaucoup trop mièvre pour séduire les lectrices ayant dépassées les 16 ans (et je suis généreuse). Les ados de 14 ans, quant à elles, seront ravies si elles apprécient les clivages ordinaires du lycée américain et les stéréotypes des USA (et notamment ceux du Sud, c'est-à-dire : pom-pom girls, quaterback, maisons victoriennes, familles catholiques exigeantes envers leurs enfants…) . Bref, un livre sans réflexion ni culture, aussi ennuyant que ses personnages. Je ne trouve aucun bénéfice à ce qu'il soit édité tant l'image de la femme est dégradée. Le livre de trop !!